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Lettre à mes enfants, faites la différence…

Cher Alexandre, Cher Sam,

Je souhaiterais plus que tout rendre ce monde un meilleur endroit pour vous. Au fur et à mesure que vous grandissez, plus de dureté du monde se déploie devant vous et je me sens à la fois impuissant et honteux de ce que vous découvrirez. Vous savez que des millions de personnes meurent de faim, et pourtant nous avons tous la nourriture dont nous avons besoin. Vous entendez des gens méchants volontiers blesser et tuer les autres afin de rester au pouvoir, mais vous vivez dans un quartier sécurisé et paisible, entourés par vos amis. Vous connaissez des gens irréfléchis qui ruinent la planète tout en polluant l’atmosphère, et pourtant nous ne sommes pas mieux avec deux voitures dans notre allée.

Je ne sais pas si tout cela vous laisse en conflit comme moi. Peut-être que vous avez une meilleure capacité à oublier ces choses et se concentrer sur les enfants. Mais je sais que ces choses vous blessent aussi. Vous ne vouliez finir votre riz la nuit dernière pour des raisons différentes. Alexandre, quand tu as refusé de terminer ce qui a été dans ton assiette, j’ai sorti l’argument culpabilisant que ma mère me donnait: “Terminer votre nourriture, il y a des enfants qui meurent de faim en Afrique!” Votre réponse sincère mais angoissante inattendue était: «Mais comment puis-je leur envoyer ceci? Ils sont trop loin! “

Ils sont trop loin. Et plutôt que de préserver les quelques bouchées qui restent, je vous ai dit à chacun de jeter votre propre nourriture. Vous n’avez pris aucun plaisir à le faire; Alexandre, comme toi Sam, votre visage sombre révélait votre tristesse. Je vous ai fait faire cela en partie pour que vous vous sentiez mal, mais je veux aussi que vous réalisez que vous avez les privilèges et les choix que de nombreux autres n’ont pas. Les privilèges dont vous jouissez et vos choix doivent être utilisés à bon escient.

Ce que je veux dire, c’est que comme vous en apprenez davantage sur le monde, vous pourrez découvrir la bassesse et l’amour que les gens ont les uns des autres, la violence que nous infligent et la gentillesse que nous accordons les uns des autres, notre destruction et de respect de l’environnement qui nous entoure. Comme vous en apprenez davantage sur le monde, vous vous apercevrez que vous êtes dans une position de privilège: vous faites respecter vos droits, vous avez une formation, vous êtes en bonne santé, vous avez assez d’eau pour l’alimentation et propre à boire, et vous avez une maison. Juste avec ces choses, vous êtes mieux lotis que des centaines de millions d’autres à travers le monde.

Vous avez aussi des choix: vous pouvez choisir de vivre une vie dans laquelle vous prenez soin de vous-même et vos proches. Vous pouvez également choisir d’aider les gens que vous ne connaissez pas. Vous les aidez parce que c’est tout simplement la bonne chose à faire. Malgré la manière dont j’ai vu quelques personnes se traiter les uns les autres, je veux croire qu’il y a plus de bonté que de rancœur en chacun.

Les gens que j’ai rencontrés le semaine passée, sont en position de privilège et de pouvoir faire des choix afin de créer un monde meilleur. Ils font tous partie d’une alliance mondiale appelée CIVICUS – des personnes de différentes organisations du monde entier. Ils choisissent de faire du monde un endroit meilleur, mais ils ont convenu qu’ils ne le font pas toujours de façon unie. Ils ont dit qu’ils parlent au nom des gens ordinaires, mais dans de nombreux pays les gens ordinaires sont descendus dans la rue pour dire : «Assez! À leurs dirigeants sans l’aide de quiconque. Mais tous ces gens ont besoin d’aide maintenant. »

Les gens que j’ai rencontrés la semaine dernière ont des idées pour rendre l’environnement meilleur, mais ils ne s’entendent pas toujours sur quoi faire, quoi dire, quand le dire et à qui parler. Ils veulent s’assurer que tous ceux qui au pouvoir arrivent ayant en tête la responsabilité et la transparence, qui est une autre façon de dire personne ne triche et tout le monde sait comment les décisions sont prises. Ils ont des idées sur comment sortir les gens de la pauvreté, aider les femmes à obtenir les mêmes droits que les hommes, en veillant à ce que tout le monde reçoive une éducation, aider tout le monde avoir accès à la nourriture et à un abri et une bonne santé. Mais ce n’est pas tous ceux qui dirigent les gouvernements qui prennent la peine de les écouter.

Les gens que j’ai rencontrés ont convenu que «nouvelles technologies» comme Twitter et Facebook et YouTube et la téléphonie mobile (qui n’ont jamais été nouveau pour vous) sont des outils importants pour se connecter entre eux et en apprendre davantage sur les luttes qui se mènent à chaque bout du monde. Mais, communiquer des informations, partager des idées et parler des moyens de rendre meilleure notre vie collective est bien; mais ne suffit pas.

Nous avons besoin de leaders. Nous avons besoin de gens forts qui vont nous réunir et nous dynamiser et nous faire crier contre les injustices du monde et de nous pousser à se lever et dire que nous avons des droits. Nous avons besoin de défendre ceux qui souffrent, nous devons agir et aider à prévenir de notre planète qui devient une friche. Beaucoup disent que nous ne pouvons pas oublier d’écouter les jeunes. Vous deux avez besoin d’apprendre sur le monde autour de vous et comment le rendre mieux que ce qu’il est aujourd’hui. Il y a beaucoup de mauves choses dans le monde. Il y a la gourmandise, l’abus de pouvoir, l’ignorance, la violence, la haine, la discrimination, et la destruction de la vie des populations et de l’environnement. Mais je suis ferme dans ma conviction que les voix de ceux qui aspirent à un monde meilleur pour tous sont de loin plus fortes que celles de ceux dont les intentions et les actions nous font tous mal. Ajoutez votre voix en signe de solidarité à celles qui veulent un changement et qui se battent pour vivre dans un monde qui a besoin d’être plus aimable et plus solidaire que celui que je vous ai laissé. Vous pouvez faire une différence.

(Version originale publiée par Paul McAdams sur: http://citizenshift.org/blogs/civicus/2011/09/15/difference/)

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La Bolivie, le Canada et leurs Autochtones

Originaire de Bolivie, Marco A. Guzman, directeur exécutif de la Fondation Frontières (FF), est venu ce matin faire une brève présentation de son organisme. L’objectif, très simple — «From standing tree to standing home» —, est de mobiliser des équipes de bénévoles pour améliorer les conditions de logement des Autochtones canadiens.

Ces équipes passent littéralement de l’étape de «standing tree» (arbre debout) à celle de «standing home» (maison debout) intégralement. C’est-à-dire que, à l’aide de l’Opération Castor, le projet qui soutient leur démarche, les bénévoles vont eux-même recueillir leurs matériaux, les travaillent et les mettent en place pour, finalement, bâtir des maisons fonctionnelles.

Non seulement FF améliore-t-il la qualité de logement des Autochtones bénéficiaires, mais aussi crée-t-il des liens de solidarité entre ces dernières et celles qui apportent leur aide. Et c’est là que je vois la pertinence de ce projet décuplée. C’est-à-dire que ce qui fait que FF se démarque est que ce n’est pas qu’une simple action d’aide humanitaire (et une drôle d’aide humanitaire, qui, pour une fois, n’est pas uniquement dans le sens hémisphère Nord à hémisphère Sud). Elle tisse des liens que certains auraient pu considérer comme inespérés entre différentes communautés autochtones qui sont géographiquement très éloignées l’une de l’autre. Pourtant, les similitudes de culture sont énormes…

Les bénévoles gagnent aussi beaucoup à participer à la construction d’une maison, non seulement parce qu’ils offrent un logement a ceux qui en ont besoin, mais aussi parce qu’ils en ressortent avec une connaissance utile pour entretenir leurs propres maisons, sans compter les liens qu’ils conservent avec leurs homolgues du Nord.

Pour l’avenir, Fondation Frontières a dans l’objectif de faire contribuer des volontaires autochtones de chaque pays des Andes afin de créer des liens entre le plus grand nombre de communautés possibles.

Catégories : Efficacité du développement
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Dialogues

Dialoguer.

Centro la Tabacalera, Madrid, 2011

Centro la Tabacalera, Madrid, 2011

C’est un peu ce qui est ressortit de l’atelier sur Les moyens de renforcer la voix de la société civile. Bien que cette question n’ait pas été abordée directement mais plutôt par le biais d’expériences précises, elle y était omniprésente, un peu comme l’électricité charge l’air avant l’orage. Le simple titre de l’activité, par le mot «voix», appelait au dialogue. Et le choix des mots n’est jamais innocent.

Et ce dialogue, il devient très vite le centre de toute élaboration de projet, de toute action revendicative, de tout travail participatif ; de toute tentative de changement. Il semble exister un consensus assez fort dans les ateliers mettant en question l’efficacité du développement sur la nécessité de donner plus de place aux bénéficiaires dans les processus décisionnels, sur la nécessité d’une plus grande transparence également. D’une meilleur coordination. Au fond, d’un meilleur dialogue?

La vieille conception qui veut que le dialogue s’inscrive dans un relation binaire entre un récepteur et un émetteur est peut-être un peu trop simpliste. Car ce concept appelle à l’interdépendance, constante fondamentale dans tout ce qui revient aux relations humaines, mais également à la multiplicité des voix. Nombreux sont ceux qui savent parler. Mais dans la cacophonie politique et sociale, qui sait encore écouter?

Les cinq panélistes étaient ainsi venus prendre la parole pour présenter des initiatives diverses qui renforcent la voix de la société civile dans le dialogue mondial. BRAC Bengladesh, avec le programme Community Empowerment and Strenghtening Local Institutions Program, tente d’accroitre la participation des milieux ruraux dans les processus décisionnels. Ben Peterson, avec Journalists for Human Rights, de former des journalistes qui seront en mesure de dénoncer les abus et de se poster en chien de garde de la démocratie dans de nombreux pays. Andrea Torres Hermoza, venue présenter le projet Un techo para mi pais qui œuvre avec les communautés marginalisées par la pauvreté dans 19 pays d’Amérique latine, plaçait la communication au centre de leurs actions :

« We try to make their voices powerful, to create an open dialog. »

Même message avec Wilna Quarmyne de la Ghana Community Radio Network, lorsqu’elle cite une femme qu’elle a côtoyé dans son travail :

« Poverty is voiceless »

Car parler c’est exister. C’est s’affirmer comme acteur de la société civile, comme partie-prenante du monde :

« Voice is identity. Voice is community. Voice is well-being.»

La question de la voix dans la création de l’identité et surtout dans l’affirmation de celle-ci, autant comme individus que comme communautés, est primordiale, tous s’entendent pour le dire. Il faut donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, inclure les exclus du dialogue.

Mais qui écoute dans cette grande cacophonie?

On a bien questionné la voix. Et la nécessité de s’affirmer, de dire, de crier, s’il le faut. Dès lors, le pas de plus, c’est d’écouter. Car lorsqu’on aura tous une voix, il nous manquera encore les oreilles.

En témoigneront les Indignés d’Espagne, les manifestants de Grèce, les déplacés du Paraguay, les opprimés des mines de RDC, les réfugiés de Palestine, les victimes du 11 septembre (toutes les victimes)…

Entre autres.

Jean-Pascal Bilodeau

Catégories : Efficacité du développement

L’ineffective autorégulation


Les mécanismes d’autorégulation des ONG fonctionnent-ils réellement? C’est à cette épineuse question qu’étaient venus répondre cinq panélistes de divers pays (Uruguay, États-Unis, Phillipines et Canada) dans le cadre des séances de travail sur l’Efficacité du développement présentées à l’Assemblée générale 2011 de CIVICUS. Solution à la perte de crédibilité et au manque d’efficacité des ONG, l’autorégulation représente certes une voie prometteuse mais est et sera confrontée à de nombreux défis. Regard sur ce phénomène plus qu’actuel.


De la critique à la solution?

Si la question de l’autorégulation est primordiale, elle s’inscrit en filigrane d’un questionnement plus profond : comment assurer une plus grande efficience, une transparence accrue et une responsabilisation des ONG ? Car libres de toute réelle contrainte lorsqu’il s’agit de rendre des comptes, ces ONG peinent à justifier le manque de résultats concrets auquel elles sont confrontées:

«There is virtually no credible evidence that most non-profit organizations produce any social value»

- David Hunter

C’est face à ce constat criant et à la désillusion de la société civile, marquée par des critiques virulentes concernant le manque de coordination des associations, leur méconnaissance du terrain et une gestion financière malsaine, entre autres (on se rappellera les suites du séisme en Haïti l’an dernier) qu’est née l’idée de l’autorégulation des ONG. Car la question se pose ainsi : comme chaque fois qu’une structure de pouvoir s’établit, et les ONG en constituent bel et bien une, il convient d’installer des mécanismes de contrôle pour assurer que ce pouvoir est utilisé en vue du bien commun. Or, par définition, les ONG doivent demeurer le plus indépendantes possible du pouvoir étatique. Aussi fallait-il chercher ailleurs :

« If we do not regulate ourselves, someone from the exterior will come and regulate us. So lets get proactive! »

, faisait à juste titre remarque Madame Anabel Cruz, venue présenter son expérience en Amérique latine avec le Reginal initiative for transparency and accountability of civil society in latin america and Carribean.

Autorégulation, mode d’emploi

C’est dans cet état d’esprit que l’autorégulation s’inscrit. Les ONG regroupées sont ainsi jugées par des organismes indépendants spécialement créés à cet effet en vertu de critères variables ou encore sont tenues, par le biais de chartes et de codes notamment, d’assurer une transparence accrue par la publication de rapports d’activité, de budgets, etc. Les organisations assurent ainsi la légitimité de leurs actions. Nombreuses sont donc les ONG nées dans les dernières années dont la fonction est justement de juger leurs consoeurs. C’est le cas de Charity Navigator aux États-Unis qui note les organismes  et les classifient par secteur.

Défis et limites

Or, cela demeure trop peu. Il conviendrait de consulter l’ensemble des agents touchés par les mesures prises par l’organisation et d’ainsi rendre les ONG responsables devant la société civile entière, en mettant l’accent sur les bénéficiaires de l’aide, qui devraient être partie-prenante de toute orientation prise par l’organisation dont ils font l’objet (Lloyd, 2005).

De même, la question de la bonne volonté se pose ici comme un obstacle majeur. En effet, si rien ne force les organisations à se soumettre à de telles mesures, nombreuses sont-elles qui s’abstiennent tout simplement et qui ainsi évitent le regard. Et l’établissement de normes claires et unifiées fait toujours cruellement défaut. Ce qui a amené, entre autres, à une multiplication des codes et des chartes, où qui se soumet à ce qui lui convient bien.

Des pistes pour l’avenir

En sommes, si l’autorégulation présente une piste prometteuse pour l’avenir des ONG, voire se présente comme une nécessité, elle devra être éclairée et définie clairement. L’ensemble des acteurs devra se réunir pour la création de codes de normes clairs, définis par secteurs, auxquels l’ensemble des organisations devra se soumettre sous peine de perte de crédibilité. Par discrimination positive, il serait possible d’encourager fortement ces dernières à souscrire.

Et si les ONG devront entreprendre des réformes quand à leur transparence, leur responsabilisation ainsi que leur efficience, de l’autre côté, les donneurs, gouvernants et bénéficiaires devront s’intéresser davantage à qui se tient derrière la main tendue. Sans quoi la régulation demeurera ineffective, et les ONG, trop souvent inefficaces.

Jean-Pascal Bilodeau

Catégories : Efficacité du développement

L’humanitaire peut-il être durable ?

J’ai participé cet après-midi à un atelier au cours duquel nous avons tenté de répondre à la question « L’humanitaire peut-il être durable ? »

À première vue, la question est paradoxale. Comme l’a souligné notamment Patrick Robitaille, qui a travaillé en Haïti avec la Croix-Rouge, l’aide humanitaire, dans son essence, ne doit pas être durable. Son objectif est de sauver des vies dans une situation d’urgence, à la suite de catastrophes. L’aide humanitaire se concentre sur le court terme et demeure une intervention ponctuelle.

Médecins sans frontière au camp de Dadaab au Kenya (Boston Globe)

La représentante du CECI (Centre d’étude et de coopération internationale), Chantal-Sylvie Imbeault, a d’ailleurs proposé une reformulation de la question, peut-être plus adaptée à la situation réelle : « L’aide humanitaire doit-il s’inscrire dans les plans de développement durable des États et qui doit coordonner cet aide ? » Certains ont souligné le fait que, dans la réalité, les organisations humanitaires et les organisations qui oeuvrent en développement international ont peu de lien entre elles et se parlent à peine, que ce soit au niveau des Nations unies, des gouvernements ou de la société civile.

Pourtant, les présentations du japonais Yoshiharu Shiraishi, de la Japan Association Of Charitable Organizations, et du philippin Emmanuel Areno, du Réseau occidental VISAYAS, ont démontré qu’effectivement, l’aide humanitaire doit s’inscrire dans les plans de développement durable des États. Et par le fait même, ce sont les États victimes de catastrophes qui sont les mieux à même de coordonner cet aide.

Le cas d’Haïti a souvent été soulevé lors des échanges. D’ailleurs, l’an dernier à pareille date, dans le cadre de l’Assemblée mondiale CIVICUS 2010, plusieurs organisations s’étaient réunies, incluant des représentants des gouvernements, et avaient discuté du cas haïtien. À l’époque, comme je l’avais souligné d’ailleurs dans deux billet de blogue (Haïti, les priorités et Haïti et la société civile), les discussions étaient restées emmêlées, pleines de nœuds, et n’avaient pas réussi à dépasser le problème de la coordination. C’est vrai qu’Haïti est un cas extrême où le contexte est très difficile, même comparé à d’autres pays en développement.

Mais ce qui est ressorti cette année et qui n’avait pas réussi à se frayer un chemin l’an dernier même après 6h de discussions, c’est la question du renforcement des capacités. Après avoir écouté les 5 présentateurs, c’est ce que je retiens. Le renforcement des capacités est la clé pour permettre aux organisations de la société civile et aux gouvernements locaux de mieux prévenir les catastrophes, et ainsi de mieux reconstruire leur pays par la suite. En ce sens, l’exemple des Philippines, un pays souvent touché par diverses catastrophes naturelles, est inspirant : le gouvernement a voté la loi 10121 visant à réduire les risques liés aux catastrophes naturelles et consacre 5% de ses revenus à la prévention et à la reconstruction.

J’ai surtout été soulagée de constater que, un an plus tard, le cas haïtien, bien que toujours extrêmement compliqué, est tout de même plus facile à comprendre, à analyser, à saisir, à cerner. Quand on travaille en développement international, il arrive qu’on perde patience. On a parfois l’impression que rien ne bouge. Mais l’atelier d’aujourd’hui m’a rappelé qu’en développement international, on ne parle pas en termes de jours ou de semaines, mais plutôt en termes d’années et de décennies.

Catégories : Efficacité du développement, Sessions de travail
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L’écocitoyenneté

Le citoyen et l’environnement. Le citoyen et son environnement. L’écocitoyenneté!

ecocitoyen-ecologie-recyclage

L’écocitoyenneté est un concept très intéressant et pertinent dans le contexte actuel, il gagne à être connu! Je vous propose donc un petit tour d’horizon de cette forme d’engagement citoyen.

L’écocitoyen est celui qui comprend que son territoire lui permet de vivre et que dès lors, il a en tant que citoyen des droits et des devoirs par rapport à cet environnement qu’il habite. Parce qu’au fond, on l’oublie souvent, mais c’est l’environnement qui garantit notre existence! Sans lui, nous n’existons pas. L’éco-citoyenneté implique des actions quotidiennes orientées vers la volonté d’un développement qui tient compte de la fragilité de l’environnement qui soutient la vie humaine, dans une perspective à long terme. L’écocitoyen sait que ses gestes on des répercussions sur les autres et sur l’environnement qui l’entoure. Ainsi, des petits gestes comme le recyclage sont pris en compte, parce que chaque geste compte!

On parle aussi de sensibilisation publique et d’un porte voix pour que les gouvernements s’intéressent aussi à la question. L’écocitoyen est informé sur ce qui se passe dans son environnement, à l’échelle locale, nationale, internationale.

L’écocitoyen est réactionnaire, il n’attend pas que les autres agissent, il est initiateur de changement, il s’approprie son rôle de citoyen.

Tout ça vous interpelle, vous intéresse? Voici des exemples de petits gestes et actions que vous pouvez poser! La liste est longue, les changements sont pressants! Prenez conscience de votre pouvoir d’action, qui est bien réel.

Et pour en apprendre plus, le forum écocitoyen et le site Jour de la Terre fourmillent d’informations.

Catégories : Efficacité du développement, Mobilisation citoyenne et nouvelles technologies

Entrevue avec Jay Naidoo : s’approprier sa lutte

Jay Naidoo, président du Conseil de GAIN (Global Alliance for Improved Nutrition), est un des panélistes de la session plénière « Le rôle de de la société civile dans les transformations politiques et sociales » qui aura lieu le samedi durant l’Assemblée Mondiale de CIVICUS. Nous avons pu discuter avec lui de l’importance première d’engager le peuple pour assurer tout changement social ou politique.

Avec les mouvements populaires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, nous avons vu confirmer le pouvoir de la technologie, l’importance de l’information et les grands aboutissements possibles lorsque les gens, particulièrement les jeunes, se rassemblent. Toutefois, comme il a été maintes fois répété, ceci n’est que le début et il reste beaucoup à faire.

Jay Naidoo rappelle le danger de voir en la technologie et l’accès aux réseaux sociaux l’objectif à atteindre. Ils ne sont que des outils pour rejoindre les groupes marginalisés et la société civile. Essentiels parce qu’ils offrent une plateforme, ce n’est qu’une étape dans le processus de mobilisation. La société civile doit « définir le paradigme de développement », ajoute-t-il.

Il nous partage l’exemple de l’Afrique du Sud et des mouvements étudiants dans les années 1970 et comment des décisions quotidiennes ont permis le changement que nous connaissons maintenant. Il parle également de l’importance de la qualité de l’alimentation comme solution à long terme, i.e. pour diminuer les coûts de santé. Plus encore, Jay Naidoo nous explique les étapes pour atteindre ce changement social qui n’est possible que si nous nous approprions nos luttes.

Alors,posez-vous la question : quel monde voulez-vous ? Et quel geste pouvez-vous intégrer à votre quotidien pour y parvenir ?

Visionnez l’entrevue (en anglais) :

Faites la connaissance de Jay Naidoo et apprenez davantage sur GAIN

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=6ls-Hdbwzsg[/youtube]

S’approprier sa lutte

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=R8jJF8tbyXE[/youtube]

Le rôle de la société civile

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=tJ841hVsIQA[/youtube]

Technologie et mobilisation citoyenne

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=68iR4PVJJ-4[/youtube]

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L’économie sociale, vous connaissez ?

Avez-vous déjà entendu le terme « économie sociale » ?

Ce concept est de plus en plus populaire au Québec. Ces deux mots peuvent sembler à l’antipode l’un de l’autre, difficilement joignables. Pourtant, le concept fonctionne et représentait en 2009 plus de 8% du PIB, s’étendant à une multitude de secteurs d’activité au Québec !

BIXI

Plusieurs organismes à but non lucratif ont opté pour l’économie sociale. Par exemple, vous connaissez sûrement les vélos libre-service BIXI. Hé bien, l’entreprise qui effectue la réparation des fameux vélos, CycloChrome, est une entreprise d’économie sociale. On parle d’économie oui, mais on place le social en avant-plan. On pense aux bénéfices sociaux AVANT les bénéfices économiques. Bien sûr, l’entreprise doit être viable financièrement parlant, mais on parle de rentabilité sociale avant tout. À CycloChrome, on lutte aussi contre le décrochage scolaire. L’entreprise offre des formations de réparation de vélo à des jeunes du secondaire.

Quelle belle initiative ! On parle de concret, d’utile et… d’économie ! Eh oui, c’est possible, et c’est de plus en plus actuel ! D’ailleurs, le premier Forum sur l’économie sociale aura lieu au Palais des Congrès du 17 au 20 octobre 2011. À suivre!

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L’écotourisme sur la sellette

L’éco-tourisme aide-t-il vraiment au développement ? À travers notre lentille d’Occidentaux, ce qui est « éco » est primordial ; on aime l’idée d’un tourisme écologiquement responsable. Pour Joël, un guide touristique Ougandais de 22 ans, “écotourisme” signifie la promotion et la croissance de la communauté grâce à l’apport monétaire des touristes. C’est en fait une manière d’aider au niveau local. Le préfixe « éco » toutefois ne lui évoque rien !

Le touriste qui arrive au campement  écotouristique s’attend à vivre une expérience « naturelle », riche en découvertes, localement orientée et tout à fait organique. Et c’est ce que le resort a à offrir – à prix modique pour les « Peaux Blanches »,  à un prix d’or pour les locaux. En fait, «éco-tourisme », c’est tout un coup de marketing pour les propriétaires de ces petits campements parce que les touristes désirent vivre comme l’Ougandais rural moyen ! Tout est bio ici, élevé localement, recyclé et composté parce qu’ils n’ont pas le choix ! Ce n’est pas toujours un choix « responsable » comme on l’entend.

Rwenzori Unique Eco-Tourism Association (Campsite), situe a 10 km de Fort Portal.

Rwenzori Unique Eco-Tourism Association (Campsite) situé à10 km de Fort Portal.

L’homme qui nous accueille au campement eco-touristique Unique est un personnage intéressant. Alicia a peut-être 40 ans, fait vivre 3 femmes et possède sa petite entreprise depuis quelques années. Environ 250 visiteurs se sont arrêtés au campement situé au pied de la plus haute chaîne de montagnes en Afrique, les Rwenzori. Hope et moi atterissons sur sa propriété grâce à Joël. Alicia tient de drôles de discours au sujet de ses mariages, de sa pauvreté, de son patrimoine, mais surtout des problèmes de sa communauté. Puis, il dit : « Ici, vous savez, le gouvernement est corrompu, donc nous ne pouvons compter que sur des donateurs privés… Avez-vous des conseils à me donner ? ». Ce type de requête d’argent implicite est assez courante ici. Nous lui posons quelques questions au sujet de l’usage qu’il fera de notre argent, intéressées de savoir si tous ces shillings aideront la communauté. Malheureusement, rien n’est moins transparent que sa réponse. Eco-tourisme ou pas, si l’argent qui y est injecté n’est pas utilisé pour la communauté, je ne vois pas  en quoi il aide au développement. La corruption du gouvernement se règle aussi, sinon d’abord, au niveau local.

Le proprietaire du campement avec une de ses femmes presentent le "delicious organic meal/harbal (sic) tea dining room"

Le propriétaire du campement avec une de ses femmes présente le "delicious organic meal/harbal (sic) tea dining room"

Catégories : Efficacité du développement

La jungle a gagné

Nous sommes parties de notre forêt tropicale ce matin sous un torrent de pluie. Couvertes de boue de la tête au pied, nous repensions aux plus récents événements qui ont agité Kasenda Beach.

Mr. Black, ce petit bonhomme de 1 an et 2 mois, brûlé au troisième degré dans la cuisine où travaillait sa maman. Après quelques jours à l’hôpital, il est retourné chez ses grands-parents. Toujours sous anti-douleurs,  il riait en compagnie de sa famille élargie lorsque je l’ai vu pour la dernière fois. Maman Deborah ne sera pas de retour au travail tant qu’elle n’aura pas trouvé une gardienne.

Mr. Black (comme on aime l'appeler) aura des sequelles de ses brulures toute sa vie. Par chance, son joli minois a ete epargne par l'eau bouillante.

Mr. Black (comme on aime l'appeler) aura des séquelles de ses brûlures toute sa vie. Par chance, son joli minois a été epargné par l'eau bouillante.

Deborah a 21 ans et elle est deja une maman eprouvée.
Deborah, à 21 ans, est deja une maman éprouvée.

Apres l’accident de Mr. Black et suite à notre collecte de denrées au sein du village, mon regard sur le fonctionnement de la communauté rurale ougandaise a changé. Dans cette société quasi féodale, il n’est pas surprenant que nombreux vivent sur le seuil de la pauvreté. Lorsque les échanges se font en terme de poisson, de matoke (plantain ougandais) ou de bois de chauffage, il est bien difficile de savoir si l’on recoit le prix de notre labeur.

Un incident nous rappelle que la nature gagnera toujours sur l’homme, quoiqu’il tente. Il y a deux jours, alors que je rentrais tranquillement vers notre cabane-dans-les-arbres, je me suis retrouvée entouré par une bande de Colobe rouges assez énervés. Je n’ai toutefois pas rebroussé chemin. Erreur. En moins de temps qu’il n’en a fallu pour que mes jambes ramollissent, deux jeunes mâles avec les canines à l’air s’apprêtaient à me mordre. Me protégeant du mieux possible avec mon sac à dos et de coups de pieds, j’ai enfin roulé en boule dans un fossé de trois mètres de profondeur rempli de plantes épineuses. Ils ne m’ont pas suivi, mais me guettaient du haut du ravin. Heureusement le renfort arriva une quinzaine de minutes plus tard. Les cris de mon ami alerta les singes, et les quelques échardes sous ma peau servent de douloureux souvenir que l’homme ne domine pas la jungle dans ce coin de pays.

Colobe rouge a l'affut.

Catégories : Efficacité du développement, Justice climatique

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